Interview D'Ilfynn Lagarde, fondatrice de YOUZD

Après son master HEC en Entrepreneuriat, Ilfynn Lagarde se lance dans une carrière dans l'agroalimentaire pendant 15 ans et évolue dans différents grands groupes aux services marketing et commercial. En 2019 elle souhaite aménager son studio avec des meubles de seconde main et se trouve confrontée à la difficulté de s’en procurer facilement. Au même moment, Vinted est en plein expansion grâce à une campagne publicitaire à la télévision. Elle a donc l’idée de créer YOUZD, le Vinted des meubles, et décide de quitter son emploi pour se consacrer entièrement à son projet de création d'entreprise. Depuis ce projet, en phase avec les enjeux d’économie circulaire et d'impact de notre consommation sur la planète cartonne ! Partons à la rencontre de cette entrepreneure inspirante !

Peux-tu nous raconter ton enfance et ton parcours ? 

Nous sommes trois enfants, mon père est entrepreneur et ma mère était juriste et travaille maintenant dans le domaine de la formation professionnelle. Mes racines familiales sont en Normandie, mais j'ai grandi à Paris, et en partie à San Francisco (de 7 à 9 ans). J'y ai été sensibilisée à la protection de l'environnement, et je suis restée marquée par le tremblement de terre de 1989. Pour moi, la planète nous montrait qu'on n'était pas grand chose face à elle, et qu'on n'avait qu'à bien se tenir !

 

 

Quel souvenir gardes-tu de ton passage à HEC Entrepreneurs ? 

Qu'à la sortie de cette formation, je ne me sentais vraiment pas prête à entreprendre 😋 !

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Quelle a été la genèse de YOUZD ? 

Je savais que j'aurais envie d'entreprendre un jour, mais que ça devrait être pour quelque chose qui aurait du sens. Je savais aussi que ce sens aurait sûrement quelque chose à voir avec la protection de l'environnement, les déchets... En 2019, après 15 ans dans des grandes entreprises, après avoir donné la vie à 3 enfants, je me suis sentie prête ! J'avais eu de nombreuses expériences peu satisfaisantes avec les plateformes d'achat/revente pour le mobilier. Vinted explosait sur le sujet pour la mode : je me suis dit qu'il fallait faire la même chose pour le mobilier et l'électroménager !

 

 

Quelles sont les valeurs que vous défendez ? 

En montant mon entreprise, j'y ai mis mes propres valeurs. Simplicité, engagement, et positivité. Simplicité parce que j'ai l'esprit pratique, j'aime quand les choses sont "straight forward" comme on dit en anglais. On essaie donc de faire une plateforme à la portée de tous, et on le fait avec authenticité et humilité, en ayant conscience de la marge de progression constante. On fait tout ça avec peu d'expertise - encore ! - mais beaucoup de bon sens et la richesse de n'avoir aucune certitude. On adore les feedbacks qui nous permettent de nous améliorer. Engagement, parce que je suis du genre à faire les choses à 1000%, et Fred est un peu pareil d'ailleurs ! Le service qu'on essaie chaque jour d'apporter reflète ce souhait d'être exemplaire et proactif. Positivité, parce que je vois toujours le verre à 100% plein : 50% eau, 50% oxygène. J'aime trouver des solutions. Chaque problème que rencontre un de nos clients, c'est une opportunité d'améliorer encore nos services. Parce que youzd porte une idée positive : celle qu'au lieu de se décourager face à l'immensité du problème qu'est le changement climatique, on peut adhérer à une entreprise qui veut apporter sa petite pierre à l'édifice et rendre un geste - certes un petit geste, mais chaque geste compte - plus accessible. Chez youzd on dit "yes you canapé" !

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Vous avez placé la lutte contre le gaspillage et le zéro déchet au cœur de votre projet, tu  peux nous en dire davantage ? 

Les déchets de mobilier et électro, c'est 3,4 millions de tonnes chaque année en France. Pour comparaison, les déchets d'emballage ménagers, peut-être plus palpables pour nous car on voit chaque jour notre poubelle, c'est 5 millions de tonnes. Mais ce qui me touche en plus c'est qu'on jette des meubles en parfait état, faits directement avec des "morceaux de nature" (du bois, du coton,...), et qui contiennent en plus le travail et le savoir-faire des hommes et des femmes qui les ont fabriqués. Pour moi, c'est tout ça qu'on respecte en achetant de seconde main : le futur, la nature, l'être humain. Moi aussi j'ai acheté des meubles et de l'électroménager par praticité, mais aujourd'hui je crois que je ne pourrais plus.

 

 

Comment fais-tu pour trouver des vendeurs ? des acheteurs ? 

C'est LA question puisque le succès de notre entreprise en dépend. Nous n'en sommes qu'au démarrage et testons encore de nombreux canaux d'acquisition de nos youzders (les utilisateurs de youzd !) : référencement naturel, réseaux sociaux, RP, partenariats, et aussi un peu de publicité payante. Avec des moyens encore limités, nous sommes déjà ravis de l'enthousiasme généré, et comptons aussi sur le bouche à oreille !

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Quelle est la répartition des rôles avec Frédéric le cofondateur ? 

Nous sommes encore une toute petite équipe et prenons encore de très nombreuses décisions à deux. Mais pour faire simple, mon job est de créer une marque désirable, faire connaître youzd et faire venir les vendeurs et les acheteurs. Je m'occupe aussi des financements, indispensables pour avoir les moyens de nous développer. Le job de Fred, c'est de faire que les youzders, une fois arrivés chez nous, soient les plus heureux du monde : un beau site, une logistique sans faille, et un service client aux petits oignons.

 

Comment envisages-tu la suite de YOUZD ? 

Le site existe depuis le mois de mai 2020. Avec seulement quelques mois dans le rétroviseur, c'est difficile de savoir où nous serons dans 6 mois ou 1 an. Mais la vision est claire : continuer à aider de plus en plus de gens à lutter contre le gaspillage et la surconsommation d'objets de la maison en mettant à la portée de leurs vies l'achat et la revente ! Concrètement, cela passera par l'ouverture d'autres villes que Paris, et des évolutions du produit, toujours vers plus de facilité.

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As-tu prévu de lever des fonds ? 

Oui ! Nous sommes en plein dedans, pour un premier tour d'amorçage qui va nous permettre d'accélérer la croissance.

 

Quelle est ta plus grande fierté d'entrepreneure ? 

C'est trop tôt pour être fière ! Je serai fière quand nous aurons réussi à mesurer notre impact et qu'il commencera à être significatif ! Aujourd'hui, je me sens surtout chanceuse d'avoir rencontré mon associé, sans qui rien de tout ça n'aurait été possible, et d'avoir à mes côtés mon compagnon qui me soutient énormément dans mon projet, en s'occupant notamment beaucoup de nos 3 jeunes enfants.

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Comment partages-tu ton temps aujourd'hui ? Parviens-tu à déléguer ?

70% boulot - 15% sommeil (sinon je meurs !) - 15% famille !

Le confinement tombe pas si mal pour moi... je suis fidèle en amitié et à vrai dire ça me facilite beaucoup la tâche en ce moment que ma vie sociale soit - comme pour tout le monde - de toutes façons un peu à l'arrêt !

 

Quel est le plus beau voyage que tu aies réalisé ? 

J'ai passé quelques mois en Afrique de l'Ouest, notamment au Bénin, au Niger et au Burkina Faso. A l'occasion de ce voyage, c'est mon passage au Mali qui m'a le plus marqué. J'ai aimé la sérénité fourmillante de Djenné, la symbiose avec la nature au pays Dogon, le sentiment d'être arrivée au bout du monde à Tombouctou.

 

Comment progresses-tu ? 

 Je tombe ! Et je me relève...

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Que penses-tu des compléments alimentaires ? En prends-tu personnellement ?

(désolée je n'en prends pas du tout 😱 Vous me parlez encore quand même 😁? )

 

Que penses-tu de Konjak Paris ? As-tu un conseil nous prodiguer ? 

Kahina, je trouve ça incroyable à quel point tu as réussi à retranscrire toute ton histoire au travers de Konjac Paris : ton côté slasheuse (dessinatrice / scientifique / entrepreneuse / sensible à l'écologie et aux questions sociales), mais aussi ton histoire personnelle. J'aime que la mission de Konjac Paris aille bien au-delà de fabriquer des compléments alimentaires. J'espère que vous ne perdrez jamais de vue cette belle mission que vous vous êtes fixée 💝!

 

Merci Ilfynn <3

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