Interview de Salomé Peter, journaliste lifestyle à Prisma Media

 

Chez Konjak Paris, les valeurs de persévérance, de discipline et de sens de l’effort sont au cœur de notre démarche. Alors nous avons été bluffés par le parcours de Salomé Peter, qui a progressé tout au long de sa carrière pour aujourd’hui suivre les secteurs mode, beauté et food dans les salles de rédaction de Prisma Media, le groupe qui édite Voici. Cette jeune femme brillante et pétillante nous parle de son parcours, de l’avenir des médias print à l’heure du digital et des dernières tendances mode food et beauté. Passionnant !

 

Peux-tu nous raconter ton enfance ? 

J’ai grandi dans une petite ville au nord de Strasbourg. Aussi loin que je me souvienne, j’y ai vécu une enfance très heureuse avec mes parents, mon frère et mes grands-parents maternels, qui vivaient sur le palier d’à côté. A chaque fois que je retourne dans cette maison familiale, je peux encore sentir l’odeur réconfortante des spätzle de ma mamie, entendre les prédications de mon papy et les cris perçants de mon frère lorsqu’il perdait une partie de Monopoly… J’ai toujours été « très famille ». Mes proches sont ma richesse, ma force. 

 

 

Comment as-tu choisi tes études ?

J’ai un parcours assez atypique. Mes formations n’ont pas vraiment de lien. Après mon bac technologique, je me suis lancée dans un BTS Communication, désireuse d’apprendre les bases de l’écriture, les stratégies marketing des entreprises et surtout, les rouages de la presse écrite. J’ai toujours été attirée par les métiers d’écriture. D’ailleurs quand j’avais 16 ans, un journaliste sportif des DNA (la gazette quotidienne alsacienne) m’avait pris sous son aile pour m’apprendre à résumer les matchs de basket de l’équipe masculine haguenauvienne. Tous les samedis, je le suivais sur le terrain, un petit carnet et un stylo à la main. J’étais à la fois impressionnée et euphorique par cette expérience, mi projet mi loisir qui, j’en suis sûre, m’a ensuite motivée à me lancer dans le journalisme. A 20 ans, j’ai donc décidé de quitter mon cocon familial pour partir à la conquête de la capitale. C’est à Paris que j’ai enrichi mon CV singulier d’une licence technico-commerciale France et International, dont je retiens trois choses : la confuse découverte des incoterm (mon dieu, quel casse-tête), la rencontre avec ma formidable prof de marketing (qui deviendra par la suite la tutrice de mon mémoire) et l’arrivée dans l’entreprise que je n’ai plus jamais quittée : Prisma Media. Mais avant d’y mettre les deux pieds, de troquer mon habit d’apprentie contre celui de salariée intégrée, j’ai fait un petit détour par la case Master en Marketing Stratégique. Un parcours atypique, je te dis ! 

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Tu as travaillé dans la mode (Kenzo et Pimkie) puis dans le journalisme, qu’est-ce qui t’a fait changer de secteur ?

La mode a été ma première expérience professionnelle. A l’époque, j’avais décidé de faire des jobs étudiants à côté de mes études pour (me) prouver ma détermination et mon envie de réussir. Parce qu’apprendre un métier à l’école ou dans les bouquins, c’est bien, mais pour moi, il n’y a rien de mieux que de mettre les mains dans le cambouis. C’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à choisir la voie de l’apprentissage. Jongler entre la théorie et la pratique m’a véritablement appris, tant au niveau professionnel que sur le plan humain. Aujourd’hui encore, j’écris des articles mode ; je ne dirais donc pas que j’ai changé de secteur, j’ai simplement choisi de l’aborder d’une manière différente.

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Ton mémoire de master portait sur « La presse face au défi du numérique », quels sont les grands enjeux actuels de la presse féminine à l’heure d’Instagram ? 

Aujourd’hui plus que jamais, il est important de se diversifier et d’innover. Les réseaux sociaux ont marqué un vrai tournant dans la stratégie des groupes de presse, l’enjeu étant de s’adapter à l’évolution des comportements de consommation. Malgré l’influence d’Instagram, je pense sincèrement que la presse féminine n’a pas dit son dernier mot. Les annonceurs et les éditeurs travaillent en effet main dans la main pour inventer le papier de demain. Ils cherchent à lancer de nouvelles offres combinées et des contenus qui se transforment et s’adaptent au digital et aux réseaux sociaux. C’est donc un nouveau modèle économique qui est en train d’être pensé : le papier hybride. Souvenez-vous, le premier site de presse en ligne est né en 1998 avec le Wall Street Journal, dont le contenu était une simple copie de la version papier au format pdf. Aujourd’hui évidemment, on ne peut pas se contenter de cette simple vitrine du print. Mais on peut, comme l’a fait ce groupe de presse avec l’arrivée du digital à l’époque, utiliser les réseaux sociaux pour se réinventer.  

 

 

Tu suis aujourd’hui les secteurs food et beauté, quelles sont les dernières innovations food/beauté qui t’ont plu et pourquoi ?

Je soulignais juste avant l’évolution des comportements de consommation. Au fil du temps, les choses changent… et le plus souvent, ça a du bon ! Depuis quelques années, les marques (re)mettent par exemple l’environnement au cœur de leur stratégie. Et quand on sait que les consommateurs sont aujourd’hui en quête de « food thérapie », du bien-manger, de consommer local… celle-ci s’avère forcément payante. Les dernières évolutions qui m’ont marqué ? Les emballages alimentaires en cire d’abeille, une alternative durable au plastique, et les chewing-gums biodégradables. Mâcher écolo, c’est quand même bien plus stylé ! En bref, les produits qui sont aussi bons pour nous que pour la planète. Je suis aussi heureuse de constater le retour en force du Made in France qui met en lumière les petits trésors de notre patrimoine.

Si je dois maintenant parler des innovations marquantes côté beauté, je soulignerais surtout la prise de parole engagée des marques sur des sujets de société (trop) longtemps tabous : les violences faites aux femmes, le cancer du sein, la solitude mortelle… Chacune à leur échelle, les marques se mobilisent et n’hésitent pas à fédérer leur communauté contre ces fléaux. C’était le cas par exemple d’Yves Saint Laurent beauté qui, en novembre dernier (à l’occasion de la journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes), a lancé une campagne de sensibilisation avec l’association En Avant Toute(s). Baptisée « aimer sans abuser », elle avait pour but de pointer du doigt les neuf signes d’une relation abusive et malsaine, parmi lesquels l’intimidation, l’humiliation et le chantage. Parce que (bien trop souvent), une femme violentée n’est pas en mesure de mettre ces mots sur ce qu’elle subit ou ressent. Une campagne que je salue véritablement.

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Comment progresses-tu ?

En me remettant constamment en question. Quand je me heurte à un mur, je me demande toujours pourquoi et comment j’aurais dû réagir pour éviter cela (après avoir pesté dans un premier temps, j’avoue… C’est mon côté lion !). Je ne sais pas si c’est la meilleure façon de progresser, mais pour moi, c’est la solution la plus salvatrice… et la moins égoïste ! 

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Quel est le rêve qui te reste à réaliser ? 

Il y en a plein qui me viennent en tête ! Mais le plus aventureux serait celui de lancer mon agence de communication en Alsace. Je pense avoir acquis pas mal de compétences à travers mes diverses expériences, comme des clés que j’aimerai donner à des enseignes et des restaurateurs pour les aider à développer leur stratégie de communication et leur image de marque. Parce que pour moi, la vie est un échange. 

 Merci Salomé <3

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