Interview de Madeleine Morley, cofondatrice de Tomojo

Si vous avez un chat ou un chien [comme nous !] alors vous avez sans doute entendu parler de la révolution des nouvelles croquettes pour animaux de compagnie à base d’insectes, bonnes pour vos petits protégés et pour la
planète ! Aujourd’hui nous partons à la rencontre de Madeleine Morley, la cofondatrice de Tomojo une start-up qui conçoit et distribue des croquettes qui remplacent la viande conventionnelle par une farine d’insectes, source de protéines de qualité supérieure et riche en acides aminés et acides gras. Cette brillante entrepreneure à succès revient sur son parcours, les valeurs de Tomojo et nous livre un super documentaire à regarder !

 

 

 

  1. Peux-tu nous raconter ton enfance ?

Je suis née en Angleterre, et j’y ai passé mes 9 premières années. Mon père travaillait en Afrique du Sud à l’époque et j’avais la chance de le rejoindre souvent. J’ai donc pu faire des voyages qui m’ont sensibilisé à l’environnement et aux espèces en danger. J’ai toujours su que je voulais travailler dans ce secteur.

J’ai déménagé à Paris à 10 ans dans l’immeuble de Paola, c’est ainsi que j’ai rencontré ma future associée, qui est avant tout mon amie d’enfance.

  1. Qu’est-ce qui t’a conduit à faire tes études au Royaume-Uni ?

Je suis à moitié anglaise et je préférais le système là-bas. J’aimais bien le fait de faire une licence dans une matière et un master sur un autre sujet. J’ai fait une licence d’économie et un master en sciences de l’environnement dans lequel j’ai rencontré des profils très différents.

  1. Comment vous partagez-vous les tâches avec ta cofondatrice ?

Ça a évolué, Paola s’occupait au départ de tout ce qui était opérationnel (produit, sourcing) et moi plutôt du marketing /communication.  Depuis on a recruté quelqu’un en communication et on s’est lancé dans de nouveaux circuits de distribution. Paola s’occupe de la distribution chez les vétérinaires et moi de l’export et des réseaux spécialisés.

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  1. Tomojo s’inscrit parfaitement dans le concept d'économie circulaire en contribuant à un système alimentaire mondial plus durable. Le changement climatique et la croissance démographique mondiale nous imposent de produire plus de nourriture avec moins de terres et de ressources sans déforester ni vider les océans. Comment Tomojo permet-il de répondre à cette problématique ?

Effectivement la nourriture à base d’insectes pour les animaux domestiques permet de réduire les ressources naturelles dont on a besoin pour produire des protéines animales Les insectes que l’on utilise ont des cycles de vie de vie très courts et sont capables de digérer des co-produits agricoles. Ils sont élevés dans des fermes verticales et ils ont besoin de très peu de ressources (notamment en eau) pour grandir. Une tonne d’insectes peut être produite en 20m², ça demande très peu de surface agricole.

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  1. Quelles sont les valeurs clés de l’entreprise ?

Nos 3 valeurs sont la transparence (on essaie de tout expliquer), la durabilité (un produit qui a le moins d’impact sur l’environnement, du sourcing au packaging), la qualité (ne jamais se compromettre sur la qualité du produit)

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  1. Quels sont les principaux axes de développement de Tomojo ?
  • La segmentation de notre offre, on va bientôt lancer de nouveaux produits.
  • La distribution omnicanal, on commence en jardinerie/animalerie avec nos friandises MOUSH.
  • L’export se développe de plus en plus : Corée du Sud, Afrique du Sud, Allemagne, Espagne.
  1. Quelle est ta plus grande fierté d’entrepreneure ?

C’est d’avoir lancé Tomojo avec Paola car ce n’était pas forcément facile au début de transitionner entre le statut de très bonnes amies à associées. C’est vraiment un bonheur de travailler sur quelque chose qui a de l’impact avec elle au quotidien.

  1. Si tu pouvais inviter 3 personnes à un dîner, quelles seraient-elles ?

David Attenborough, une des personnes qui a le plus voyagé dans le monde qui fait des documentaires animaliers et plus récemment sur l’environnement.

Nelson Mandela et Audrey Hepburn qui ont des parcours inspirants.

Ce serait un dîner pas mal je pense !

  1. Quel est le rêve qui te reste à réaliser ?

Il y en a beaucoup mais si je devais en choisir un ce serait de faire partie d’un projet de réensauvagement (rewilding) en Afrique où j’aiderais à restaurer un habitat qui n’a plus de faune ou flore sauvage, pour reconstituer l’écosystème initial.

  1. Quel est le roman (ou le film) qui t’a le plus marqué et pourquoi ?

La documentaire le Sel de la terre de Juliano Ribeiro Salgado et Wim Wendersqui raconte l’histoire du photographe Sebastio Selgado qui rachète des terres extrêmement arides au Brésil et petit à petit sur 10 ans il replante des millions de plantes et progressivement des espèces endogènes reviennent sur les terres. C’était la première fois que je voyais l’impact qu’un seul couple pouvait avoir sur une terre complètement asséchée par le bétail et qui redevient une forêt amazonienne en pleine santé. Ça m’arrive d’être un peu déprimée par l’évolution du climat, de l’environnement et de la déforestation mais s’il y a de plus en plus d’initiatives comme celles-là ça me redonne l’espoir que l’on pourra renverser la tendance. 

  1. Quel est le plus beau voyage que tu aies réalisé ?

Très difficile de choisir mais c’est probablement quand j’étais jeune et que j’allais voir mon père en Afrique dans des réserves naturelles par exemple au Botswana où j’ai vu beaucoup d’éléphants, et où j’ai pu m’en approcher de très près.

  1. Que penses-tu des compléments alimentaires ? En prends-tu personnellement ? Que penses-tu de Konjak Paris ?

Je pense qu’ils peuvent aider certaines personnes. Je prends de la vitamine D en ce moment et de temps en temps des probiotiques.

Je pense que Konjak Paris est une super initiative ! Je serais curieuse d’en savoir plus sur le konjac, sa provenance et si on peut en faire pousser en France [ce n’est pas impossible mais il préfère de loin les climats tropicaux !] ? 

Merci beaucoup Madeleine <3

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