Interview de Grace Mehrabe, cofondatrice de Outmind

Ça vous est déjà arrivé de chercher une information au travail et de vous arracher les cheveux pour la trouver ? Oui sans doute car dans un contexte de dispersion des données, McKinsey estime 20% du temps de travail est perdu à chercher de l’information. Une jeune start-up française résout ce problème : Outmind centralise et accélère l’accès aux données pertinentes pour les collaborateurs, en se connectant en quelques clics aux logiciels internes où elles se trouvent : CRM, ERP, outils collaboratifs. Nous partons aujourd’hui à la rencontre de Grace Mehrabe, la brillante cofondatrice de cette start-up hyper prometteuse, elle nous parle de son parcours et du quotidien d’une créatrice d’entreprise innovante ! Inspirant !

 

Pouvez-vous nous raconter votre enfance ? 

J’ai eu une enfance que je qualifierais de chaleureuse : aînée de 5 enfants dans une famille modeste, j’ai eu l’habitude de cohabiter avec mes frères et sœurs, d’être toujours entourée. Mais cela m’a aussi beaucoup responsabilisée, de fait : devoir donner l’exemple, accompagner le petit frère ou la petite sœur sur les devoirs, les sorties... Après l’adolescence, j’ai eu de plus en plus besoin de plus de liberté : j’ai véritablement pris mon indépendance un peu plus d’un an après le bac, lorsque j’ai commencé à faire des stages en parallèle de mes études de management, pour comprendre ce vers quoi je voulais vraiment me diriger. 

 

Quel souvenir gardez-vous de vos passages à l’Université Paris-Saclay et à l’ESCP ? 

J’ai trouvé intéressant de vivre ces deux expériences, en passant de la fac à l’école de commerce. Il y a des avantages et des inconvénients de chaque côté. Il faut dire que j’ai choisi de faire une bonne partie de mes études à distance pour trouver le temps de me consacrer à Lemon Learning, ma première aventure entrepreneuriale, alors que je commençais alors seulement mon année de licence : cela n’aurait pas été possible en école de commerce. Ma spécialisation ensuite à l’ESCP m’a permis de découvrir un monde un peu différent, un autre réseau, et de voyager. Et puis j’ai toujours aimé apprendre. C’est sans doute pour cela que juste avant de démarrer Outmind, j’en ai “rajouté une couche” avec Le Wagon, une formation intensive au code.

 

Qu’est-ce qui vous a fait sauter le pas pour lancer l’aventure Outmind ? 

À vrai dire, l’idée m’a trotté en tête très longtemps, pendant près de 2 ans avant de me lancer. Avec ma première société, je rencontrais régulièrement des collaborateurs parmi nos clients grands groupes, qui utilisaient non pas un ou deux, mais parfois plus d’une dizaine d’outils dans le cadre de leur travail. Nous les aidions à se former à leurs outils, mais nous ne leur permettions pas de retrouver en quelques instants la page ou l’information qui leur serait nécessaire, alors les usages au sein des équipes (et d’une équipe à une autre) sont souvent très différents, et que le manque de partage de l’information est régulièrement pointé du doigt... Résultat, le collaborateur qui ne trouve pas le document ou la procédure ou qu’il cherche va devoir demander à un collègue, ou repartir de zéro, ce qui entraîne à la fois une perte de temps et un risque d’erreur. C’est ce que nous voulons éviter avec Outmind. En partant de l’existant dans les outils, je voulais trouver un moyen d’accéder à ce dont le collaborateur peut avoir besoin à un instant T, à partir d’une seule et même interface. Alors, une fois les principaux verrous techniques levés au moins sur le papier, je me suis lancée.

 

 

Quelle est la proposition de valeur d’Outmind ? 

Un peu comme un Google interne, nous identifions pour l’utilisateur l’information dont il a besoin, qu’il s’agisse d’un document, d’un message ou de la bonne page dans le CRM, par exemple. Et nous l’accompagnons jusqu’au bout : si les données visibles sont insuffisantes, nous mettons en avant les meilleures personnes à contacter sur ce sujet en interne. C’est un gain de productivité énorme pour l’entreprise : jusqu’à une demi-journée par semaine par collaborateur, qui peut être réallouée à des tâches à plus forte valeur ajoutée. C’est aussi un vrai coup de pouce pour l’utilisateur, d’autant plus s’il s’agit d’un nouvel arrivant qui ne connaît pas encore bien les outils ou les pratiques au sein de l’entreprise.

 

Quelles sont les valeurs que vous défendez ?

Dès nos débuts avec mon associé Arthur (co-fondateur et CTO), nous avons pris le temps de mettre à l’écrit chacun de notre côté les valeurs qui nous étaient le plus chères et que nous voulions défendre avec Outmind. Il se trouve qu’en confrontant nos deux visions, plusieurs valeurs-clés sont très vite revenues en commun. Elles sont inhérentes à ce que nous créons. Celles-ci incluent notamment la simplicité - que ce soit dans l’approche, le discours, ou les interfaces du produit - précisément parce que nous voulons résoudre un problème particulièrement complexe. Nous mettons aussi en avant la responsabilité et la bienveillance, parce que nous nous engageons auprès des autres, que ce soit vis-à-vis de nos clients et utilisateurs, comme entre nous chez Outmind. Ceci est d’autant plus important que nous permettons une forte autonomie de chacun au sein de l’équipe. Et puis, ce n’est peut-être pas très original, mais dans la mesure où notre objectif est d’améliorer le quotidien d’un maximum de collaborateurs, nous valorisons également l’ambition, celle qui nous permet de mettre la barre haut, et d’aller plus loin, plus vite.

 

 

Quel est le rêve qui vous reste à réaliser ? 

J’en ai beaucoup, je suis une grande rêveuse, même si j’essaie de rester sur terre ! D’ailleurs justement, j’aimerais découvrir encore beaucoup d’endroits sur cette planète : dans ma petite liste, je me suis notée par exemple d’aller voir une aurore bauréale en Finlande, d’explorer le désert blanc des Lençóis Maranhenses au Brésil… il ne faut pas me pousser sur ce terrain là ! Mais en ce moment, permettre de réaliser notre vision avec Outmind en constituant la meilleure équipe possible est mon principal challenge, et cela réussit à déjà bien m’occuper ! 

Et puis, comme le disait Xavier Dolan : “tout est possible à qui rêve, ose, travaille, et n’abandonne jamais”. J’aime beaucoup cette phrase, je suis convaincue qu’elle s’applique dans beaucoup de situations : quel que soit notre point de départ, il ne doit jamais nous empêcher de rêver et d’avancer.

 

Merci Grace <3 

 

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