Interview Ariane Mathurin, entrepreneure.

Encore une très belle rencontre avec Ariane Mathurin une entrepreneure forte, passionnée d'échecs, de marche et dont le but est l'accompagnement des professionnels du secteur social. Une femme qui apprend et grandit par les rencontres humaines. Découvrez sa vie et la création de Paren( )Thèse.io et de SaaS. Je vous laisse découvrir cette femme positive et ambitieuse ! Une personne très inspirante !

 

Peux-tu nous raconter ton enfance ? 

J'ai grandi depuis ma tendre enfance à Bernes sous Oise, un petit village dans le 95. Française née dans le 94, j'ai des origines haïtiennes. J'ai des parents exceptionnels. Dont une maman femme de ménage depuis bientôt 38 ans que je n'ai jamais vue en arrêt maladie ou accident de travail et un papa chauffeur livreur très appliqué dans son métier. Je suis issue d'une fratrie de 3 enfants, avec un grand frère de 34 ans et une petite sœur de 26 ans. Étant d'une famille modeste, nos parents ont été très à cheval sur notre scolarité pour que nous puissions avoir le choix. Le choix d'un avenir meilleur. Le choix de ne pas à avoir à récurer des toilettes ou livrer des colis dans un immeuble à 15 étages où l'ascenseur est en panne. C'est avec ces discours quotidiens que mon frère entrepris des études supérieures à l'ESC Pau, que j'ai moi-même obtenu un diplôme d'Etat d'assistante de service social et que notre jeune sœur est dorénavant professeur des écoles après l'obtention de son master et son concours. Nous avions certes peu de moyens, mais nous ne manquions de rien et surtout pas d'amour.

 

 

 2.  Comment as-tu choisi tes études ?

 

Je ris à l'écoute de cette question car j'ai été une élève dissipée voir turbulente au collège. Je mets cela sur le compte de l'adolescence et le climat qu'il régnait dans l'établissement scolaire. C'était sans exagérer le bordel ! J'étais dans un collège dit ZEP dans la ville de Persan avec une virulence déconcertante de la part des élèves et des bagarres à outrance. Il fallait s'adapter. Ainsi, j'ai délaissé ma scolarité ce qui m'a valu un redoublement en 4ème. A l'entrée au lycée à Sarcelles, j'ai le déclic de me ressaisir. J'intègre un BEP dénommé Carrière sanitaire et social à cette époque. J'ai poursuivi à l'obtention de ce BEP par une formation en 10 mois afin de devenir aide-soignante diplômée d'Etat. Une fois en poste un nouveau déclic se manifeste : « Je peux faire beaucoup plus, aller beaucoup plus loin ».

 

Au bout d'un an d'exercice professionnelle, à peine âgée de 18 ans, je me dirige vers un DAEU (Diplôme d'Accès aux Etudes Universitaire) à l'université de Villetaneuse que j'investis en journée durant 1 an tout en conservant mon travail de nuit en tant qu'aide-soignante. Je souris en songeant à la fatigue que je cumulais durant cette année sans savoir que le pire restait à venir.

 

A l'obtention de mon DAEU, j'intègre l'IUT de Bobigny sur la filière Carrière sociale option assistante de service social.

 

En première année, dès le début de la rentrée, je découvre que j'attends mon première enfant. Noah. Ma joie de vivre. Je tente tant bien que mal à conjuguer mes cours à l'IUT, mon travail de nuit et cette grossesse. Jusqu'au jour où je finis par m'endormir en cours sans pouvoir me contrôler. Heureusement, j'ai eu un professeur fabuleux qui a compris que ma fatigue n'était pas due au désintérêt que j'avais pour le cours. Il m'a ainsi accompagnée à mettre en place un report de scolarité pour que je puisse m'occuper de mon petit garçon né prématurément. Après un divorce, des allers-retours à l'hôpital en lien avec l'état de santé de mon fils et mon travail de nuit, j'ai plus d'une fois songé à abandonner mes études. Je choisis de ne rien lâcher mais de quitter l'IUT de Bobigny pour poursuivre mon cursus de formation au sein de l'EPSS à Cergy où j'ai pu bénéficier des aides de Pôle Emploi et arrêté de travailler de nuit. J'ai enfin mon diplôme, un salaire un peu plus confortable mais je dois rembourser des dettes contractées durant mon mariage. Malgré tout ça j'ai plein de projets en tête comme par exemple mon propre club d'échecs. 

 

Aujourd'hui, j'ai également à mon actif une formation de Business Developer et de Developer full stack Nocode. 

 

3. Quelle a été la genèse de Paren()Thèse.io ?

 

Paren()thèse.io prend forme en mai 2020 à l'issue du Bootcamp chez Goldup où j'ai rencontré Mélanie Dinane et Alice Zagury. Mais avant Paren()thèse.io  j'avais créé un club d'échecs et une association avec un projet autour de la parentalité qui s'est bien développé. Le but de l'association est de favoriser la relation parents/ enfants où tout est prétexte à la relation familiale. Après cette vie associative en tant que Présidente et fondatrice j'ai eu envie de créer une société autour de ces projets de parentalité. Mes rencontres à Goldup m'ont permis de mettre en forme mon projet.  Par()thèse.io a pour objectif d'accompagner les professionnels du secteur médicosocial (psychologue, éducateur spécialisé, assistant de service social, infirmier et puéricultrice) qui souhaitent s'émanciper des institution et vivre décemment de leur passion à développer leurs projets entrepreneuriaux avec des workshops, des interventions SEO, marketing, des accompagnements individuels ou collectifs.  Aujourd'hui, nous sommes visibles sur les réseaux sociaux où nous proposons du contenu informatif aux parents notamment. C'est plus de 52 professionnels qui ont rejoint la dynamique Paren()thèse.

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4.  Comment faites-vous pour digitaliser l'accompagnement social ?

 

Après ma formation de Business Developer que j'ai entrepris chez Humindschool j'ai développé des compétences de Developer Fullstack Nocode à la sortie d'une formation nommé Iroh Academy Developer FullStack Nocode portée par Mory Fodé Cissé.

 

Cette compétence m'a permis de visualiser l'outil idéal pour digitaliser l'accompagnement social des salariés en entreprise. Ainsi, l'entreprise formalise avec nous une convention qui lui permet de donner accès à ces salariés à notre outil. Le salarié pourra à tout moment solliciter un rendez-vous sur les 4 types d'accompagnements que nous proposons.

 

Les difficultés sont diverses et variés : de l'anxiété, un burn out, une relation conflictuelle avec son ado, une séparation, un surendettement, accès à ses droits, ... Notre promesse est qu'en moins de 24h un professionnel (assistant de service social, psychologue, conseiller en économie social et familial et coach parental) vous recontactera. Aujourd'hui, nos professionnels sont tous diplômés d'Etat et nous travaillons avec des Français installés au 4 coins du monde. Nous avons la volonté de proposer le meilleur accompagnement possible aux entreprises et à leurs salariés.  

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5. Peux-tu nous décrire ta collaboration avec Sociobel et Béatrice Belabbas ?

 

Je souris encore. Il y a 3 ans de ça je me questionne sur mon avenir à la mairie de Goussainville et mon avenir en tant qu'assistante sociale qui ne me convient plus. Je tombe sur Béatrice Belabbas que je contacte sur LinkedIn, un précurseur du travail social indépendant. On échange pendant 2 ans et en septembre 2020 je la recontacte avec mon profil évolué de Business Developer et de fondatrice de plusieurs projets dont  Parenthèse qui a vu le jour. Elle est à l'écoute et elle souhaite digitaliser ses outils mais elle ne sait pas comment s'y prendre et de là on se rencontre, on discute et elle entrevoit grâce à ma force du digital, ma force commerciale notamment sur l'outbound mais également Inbound une possibilité de collaboration et c'est en ça que nous avons voulu digitaliser l'accompagnement classique. Les entreprises qui ne sont pas dotées de service social en interne ou externaliser sont très souvent face aux problématiques sociales de leurs salariés. Aujourd'hui, ce sont des Ressources Humaines qui déplorent pour certains secteurs d'activité être interpellés chaque mois pour des demandes d'acompte. S'ajoute à cela, des demandes de crédits, le traitement d'opposition sur salaires. Et d'autres problématiques qui impactent la performance du collaborateur : violence conjugale, le divorce, l'enfant malade, le décès du conjoint, l'inaptitude, le départ en retraite... C'est une collaboration vertueuse que nous sommes en train de vivre et nous sommes ravis de cette rencontre qui a pris son temps.

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6.  Peux-tu nous dire un mot de « Echecs & Mathurin » le club d'échecs que tu as fondé à Bernes sur Oise ? Quelle est ton ouverture préférée (en jouant les blancs et les noirs) ?

 

C'est une histoire d'amour et de fraternité. Lorsque j'étais âgée de 8 ans environ, mon frère m'obligeait à jouer aux échecs avec lui. J'en pleurais c'était terrible.

Au cours de ma 3ème année de formation assistante de service social, j'ai échoué à l'examen de mon diplôme d'Etat.

J'ai été anéanti durant toute la journée des résultats et le soir même, je me dis dans mon for intérieur qu'il fallait que je rebondisse.

Ce n'était qu'un échec ! Et comme au jeu d'échec « soit tu gagnes, soit tu perds ».

 

Pour retenter le diplôme d'Etat l'année suivant, il fallait que je cherche un emploi en faisant fonction d'assistante sociale. Mais je le savais, il me fallait une stimulation en même temps. À cette époque-là mon frère était payé 35 euros de l'heure pour donner des cours d'échec dans des écoles à Paris. J'appris que le Président qui proposait les missions à mon frère facturait 70 euros aux établissements.

 

Bingo ! J'insiste mon frère à dupliquer le business model afin de ne pas dépendre de subvention pour la création de notre club et pour tous les projets que nous imaginions pour celui-ci.

 

Nous créons à partir de là en Juillet 2016 notre club d'échecs nommé Echecs & Mat'hurin avec un petit clin d'œil à notre nom de famille. Le but de ce club est de transmettre notre passion pour le jeu d'échecs aux enfants et créer une économie et des emplois. Nous avons formé 5 intervenants au cours de ces dernières années et nous avons rémunéré plus de 10 intervenants à temps partiel ou à temps plein. La première année c'est 10.000 € qui entre dans l'association et qui nous permet de financer des projets avec les enfants. Et très vite, nous déployons notre expertise en Haïti dans le pays de nos parents. 

Je ne me considère absolument pas comme une grande joueuse, je suis une amoureuse qui initie grâce à mon diplôme DIFFE tous les enfants désireux de découvrir le jeu et qui très vite finissent par me battre. D'ailleurs, mon Elo est de 1199 car je ne fais aucune compétition.  

 

Mes ouvertures c'est l'italienne avec les blancs et défense Philidor avec les noirs.

 

 

7.   Si tu pouvais inviter 3 personnes à un dîner, quelles seraient-elles ?

 

3 femmes : 

 

Mère Thérésa  

Lady Di

Oprah Winfrey

 

8. Comment partages-tu ton temps aujourd'hui ?

 

J'ai l'impression de ne pas le partager, que tout est mélangé, de l'entreprenariat, ma vie de couple, mon enfant et mon sport (de la marche) et du Yoga. Ce mélange me ravit parfaitement.

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9. Quel est le roman (ou le film) qui t'a le plus marqué et pourquoi ?

 

« Le fondateur » avec Michael Keaton qui raconte la genèse de McDonald's. Ça m'a marqué car je me dis qu'on pouvait avoir de l'or entre ses mains mais que si on ne sait pas comment le transformer on n'en fait rien. 

 

 

10. Quel est le rêve qui te reste à réaliser ?

 

Voir ce que deviendra mon petit garçon dans 20 ans.

 

11. Quel est le plus beau voyage que tu as réalisé ? Pourquoi ?

 

C'était en Haïti en 2018, où j'ai investi la terre de mes parents, pas en tant que touriste mais en tant que bénévole pour l'association Haïti futur, à CAMP PERRIN où chaque année ils organisent un stage au sein du village aux milles savoirs. J'ai formé 25 enfants au jeu d'échecs, ça a été magique autant le paysage que la chaleur humaine. J'ai vécu quelque chose d'assez extraordinaire, ça avait plus de sens que ce que je faisais en France.

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12. Quel est le meilleur conseil que l'on t'ait jamais donné ?

 

Reste toi- même !

 

 

13. Comment progresses-tu ?

 

Grâce à toutes mes interactions humaines, je suis très à l'écoute et plus je rencontre, plus je progresse. 

 

14. Quelle est ton addiction ?

 

Le fromage !

 

15.  Si tu pouvais murmurer quelque chose à l'oreille d'Ariane à la sortie de l'IUT que lui dirais-tu ?

 

Ce n'est que le début ma jolie, il y a d'autres clés et portes qui se trouvent sur ton chemin 

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16.  As-tu une citation ou un proverbe qui te vient souvent à l'esprit ? 

 

« Moi vivante rien ne peut m'arrêter mis à part moi-même » .

 

17.  Que penses-tu des compléments alimentaires ? En prends-tu personnellement ?

 

Je pense que c'est une belle alternative d'autant plus que j'ai une vie assez speed en lien à ma vie entrepreneuriale ce qui ne me permet pas d'incorporer l'essentiel au quotidien. Je trouve que ça permet de pallier les insuffisances. Je vais sérieusement y songer d'autant plus que je vois mon conjoint en prendre au quotidien.

 

18. Que penses-tu de Konjak Paris ? As-tu un conseil à nous prodiguer ?

 

Franchement pour moi vous êtes une mine d'or ! Qui aide à prendre soin de soi, de son corps et de son esprit.

 

De plus, au travers de tous ses portraits que vous faites rayonner, moi qui par moment pouvait me sentir seule dans mon aventure, grâce à ces lectures de femmes je me sentais tellement moins isolée et comprise.

 

En tant qu'entrepreneur femme, nous pouvons parfois ressentir un syndrome d'imposteur, se sentir illégitime...Et chez vous j'ai trouvé une richesse d'informations qui me soutient.

 

Et puis, j'ai le souvenir que quand j'étais jeune je lisais un magazine qui s'appelait « Jeune et Jolie ».  Pour le coup Konjak Paris, c'est ma lecture de la trentaine !

 

Merci Ariane <3

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