Interview Aïcha Souldi fondatrice de Liya S.

Prêts à tomber amoureux du Maroc, des oliviers, mais surtout de l'huile d'argan ?
Je suis ravie de te présenter Aïcha la solaire fondatrice de Liya S. qui se raconte à travers un jeu de petites questions comme on les aime chez Konjak Paris ! 

  1. Hello Aïcha peux-tu nous raconter ton enfance et ton parcours ?

 

Bonjour, je m’appelle Aïcha Souldi et je vous remercie pour votre interview. Je suis née et j’ai grandi à Paris dans le 20ème arrondissement. Je dis souvent que je suis française, d’origine tunisienne, marocaine de cœur et berbère de tradition. Mes parents nous emmenaient tous les ans en été en Tunisie et j’ai toujours eu cette attache du terroir du Maghreb avec des produits nobles comme l’huile d’olive ou le miel. Sinon par rapport à mon parcours scolaire, après mon bac, j’ai suivie des études d’informatique. J’ai créé et dirigé avec mon mari une marque de prêt-à-porter féminin pendant 8 ans. Cela a été une bonne expérience même si je n’étais pas toute seule sur ce projet.

 

 

  1. Quelle a été la genèse de Liya S. ?

Cela remonte à mon mariage il y a 20 ans. Mon mari est d’origine marocaine, de la région de Marrakech, c’est à ce moment que j’ai découvert ce magnifique pays, son terroir et tous ses produits comme le ghassoul, l’huile d’argan ou encore le savon noir que j’ai adopté dans ma routine quotidienne. Le cœur de ma gamme, l’ingrédient phare c’est l’huile d’argan. J’ai voulu allier ma passion et mon travail, porter un projet économique qui reflète mes valeurs. Je me suis engagé dans une formation certifiante pour maîtriser les règles de bonnes pratiques de fabrication selon la norme ISO 22-716 (norme pour le cosmétique). Liya S. est née de l’envie de partager ces découvertes, en proposant des produits ancestraux et revisités (association d’huile d’argan et d’huile essentielle de néroli par exemple). Le nom de ma marque vient des initiales des prénoms de mes enfants et S. c’est l’initiale de mon nom de famille.

 

  1. Tu nous racontes ton coup de cœur pour l’Atlas marocain ?

 

Lors de mon premier voyage au Maroc, j’ai vraiment été éblouie. Il y a plein de paysages différents : plage, montagne, désert. Je m’y ressource, les montagnes de l’Atlas marocain sont sublimes on ne sait plus dans quelle époque on est et l’accueil des habitants est vraiment particulièrement chaleureux, je n’ai jamais retrouvé l’équivalent ailleurs. Je visite chaque année les cascades d’Ouzoud, j’en prends plein les yeux et je découvre toujours de nouvelles choses. Je suis une amoureuse des herbes et des fragrances. D’ailleurs la marque Liya S. puise dans la phytothérapie et l’olfactothérapie, à chaque voyage je fais de nouvelles découvertes, c’est un terroir très riche.

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  1. Quelles sont les valeurs que vous défendez ?

 

J’ai envie que ma marque reflète mes propres valeurs : la naturalité, l’innéité, le respect, la qualité, la transparence. C’est des choses qui me tiennent à cœur personnellement et que j’ai envie qu’on retrouve dans la marque Liya S.

 

  1. Quels sont les bienfaits de l’huile d’argan ?

L’huile d’Argan a plein de bienfaits : c’est un concentré d’acide linoléique et d’acide oléique (oméga 6 et 9) et de vitamine E. Cela permet d’hydrater et de lutter contre l’oxydation et le vieillissement cutané, c’est notre meilleur allié anti-âge. Il faut être vigilant sur la qualité : mon huile d’argan est non torréfiée et pressée à froid et est certifiée bio par Ecocert. Cela permet une traçabilité de la récolte du fruit jusqu’à la vente au consommateur.

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  1. Comment se passe la collaboration avec les artisans marocains ?

 

Je travaille avec un laboratoire dans la région de Marrakech. Il est certifié bio par Ecocert c’est très important. On travaille avec des producteurs locaux. Cela a été dur de trouver un prestataire qui respecte les règles de bonnes pratiques de fabrication en termes de traçabilité, d’hygiène etc.  

 

  1. Peux-tu nous raconter le déroulement de ta campagne Ulule ?

 

L’objectif c’était de faire connaître la marque Liya S. et de proposer des précommandes afin lancer une première production. C’est très intense, on passe la journée à communiquer sur les réseaux. La gamme a été très bien accueillie. Autant le contenu que le contenant. Effectivement, j’utilise des pots et des flacons en verre violet. Il s’agit d’un verre breveté qui filtre les rayons de la lumière pour une meilleure conservation naturelle. Les gens ont été séduits et la campagne s’est terminée à 208% de l’objectif. J’ai fait de très belles rencontres humaines.

 

  1. Comment s’est passé la certification de tes produits ?

 

Le secteur des cosmétiques est très réglementé et quand on décide de faire certifier bio, il faut soumettre tous les produits, un à un, qui sont étudiés puis validés par Ecocert. Un chargé d’affaire réalise un audit et donne la validation. C’est un processus assez long mais qui en vaut la peine.

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  1. Quels sont tes canaux de distribution ?

 

Mon principal canal de vente c’est mon site www.liya-s.com. Toute la communication est faite via les réseaux sociaux : LinkedIn, Facebook et Instagram. Pour l’instant, on peut aussi retrouver mes produits dans un institut à Clermont-Ferrand. J’ai d’autres collaborations, d’instituts et de salons de coiffure mais qui sont en suspend à cause de la crise sanitaire que nous vivons.

 

  1. Comment envisages-tu la suite de Liya S. ?

 

J’espère que la marque touchera de plus en plus de monde, je souhaite élargir la gamme d’Eco-recharge rapidement et mettre en place un système de consigne. Porter le projet encore plus haut et pouvoir embaucher car aujourd’hui je suis toute seule je ne compte pas mes heures.

Je suis également contactée par des entrepreneurs. Liya S. c’est un projet écoresponsable qui s’inscrit dans le zéro déchet. Je propose des contenants réutilisables à vie et un système d’Eco-recharge (pour les 2 savons noirs et le Ghassoul). J’ai envie de proposer tous mes produits en écorecharge ou en système de consigne. On a cette possibilité de re-remplir son huile d’argan dans son propre flacon qui aura été déposé, lavé et désinfecté. Tous mes produits sont sans emballage et mes colis sont entièrement biodégradables. On peut jeter son emballage dans son potager et la nature s’occupe du reste. Très prochainement on pourra retrouver les produits Liya S. dans des sites internet zéro déchet.

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  1. Quelle a été ta plus difficile décision à prendre dans l’aventure Liya S. ? Quel mode de prise de décision as-tu utilisé ?

 

Je n’en vois pas une particulièrement. Quand on se lance dans l’entrepreneuriat on sait qu’il va y avoir des difficultés. Je m’attache à l’objectif final, il y aura des difficultés, le tout est de savoir y faire face. Peut-être la plus grosse difficulté c’est la certification Ecocert, chaque année il y a une vérification par un expert.

 

  1. Quelle est ta plus grande fierté d’entrepreneure ?

 

C’est un travail de fourmi et je suis fière de tout mon parcours et du travail accompli. Ce qui est important c’est de faire sa part, comme l’histoire du colibri de Pierre Rabhi. Le regard de mes enfants est ma plus grande fierté.

 

  1. Comment partages-tu ton temps aujourd’hui ? Parviens-tu à déléguer ?

 

Mon temps est partagé entre ma famille et mon travail. Je suis une personne assez organisée heureusement. J’aimerai bien embaucher un salarié pour pouvoir déléguer certaines tâches. Peut-être d’ci un an, je l’espère.

 

  1. Quel est le roman (ou le film) qui t’a le plus marqué et pourquoi ?

Mon bel oranger de José Mauro de Vasconcelos. C’est l’histoire d’un petit garçon qui vit dans un milieu très modeste et qui va faire des belles rencontres humaines. Ce livre autobiographique  nous enseigne la valeur des siens et que la vie est fragile.

 

  1. Quel est le plus beau voyage que tu aies réalisé ?

 

Mes parents m’ont transmis l’amour des arbres et j’ai découvert au Maroc à Iminifri le paysage magnifique d’oliviers centenaires voir millénaires. J’ai le souvenir d’avoir été prise d’émotion par la beauté de cette forêt comme si les arbres vous parlent. On entend l’eau couler tout au long des balades grâce au  système d’irrigation présent depuis des siècles. C’est un voyage authentique comme je les aime.

 

  1. Comment progresses-tu ?

 

Je travaille toute seule et ça demande beaucoup d’organisation ; j’ai un tableau de bord qui me permet de voir les tâches et lister les priorités, les objectifs à atteindre. Ce qui est important c’est d’instaurer des moments de réflexion, pour repenser les choses et améliorer ce qui peut l’être et aller encore plus loin. J’échange beaucoup aussi avec d’autres entrepreneurs, c’est très riche.

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  1. Que penses-tu des compléments alimentaires ? En prends-tu personnellement ?

 

Je consomme de la spiruline depuis toujours car j’ai eu des problèmes d’anémie. Donc ça fait partie de mon quotidien. On est ce qu’on mange donc rééquilibrer les manquements c’est très bien.

 

  1. Que penses-tu de Konjak Paris ? As-tu un conseil à nous prodiguer ?

 

J’ai découvert votre marque à travers les réseaux sociaux. Votre démarche éco-responsable avec vos éco-recharges me parle vraiment. On apprend toujours à travers les échanges d’expérience et les rencontres humaines. Quand on est entrepreneur je conseille de toujours se tenir à l’objectif.

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